Récits d'ailleurs 
                         
Mon p'tit coin de Fantasy

    


 
Le cycle d'Yrathiel

Ma Fantasy

 

                                                  Yragaël                             

Récits d’Ailleurs vous propose de découvrir « L’enfant d’Yrathiel » et " Le maître-dragon d'Yrathiel", deux romans de Fantasy appartenant au cycle d'Yrathiel, sous la forme d’un feuilleton périodique ; rendez-vous pour suivre les aventures de Sans-Nom, l’Eliathan des Protecteurs de Thiel, et de Lorelanne, Fille des Vents.

Soyez les premiers lecteurs de cette  entreprise et embarquez pour un très long voyage. Par le biais de  l'adresse mail, n'hésitez pas à me faire part de vos commentaires, vos remarques, vos questions,  vos conseils et vos suggestions . Ainsi, ensemble, nous transformerons peut-être ce qui n'est pour le moment qu'un obscur hobby en quelque chose de plus achevé… comme une aventure d’Ailleurs, un défi à l’improbable.

Alors, je vous convie à partager ce voyage et à porter toujours plus loin les couleurs d'Yrathiel.                                                                                           
                                                                                            JP.

                                 

      Merci à vous et bonne lecture.    

 


NEWS

mardi 4 avril 2017 :

Les mois s'écoulent et se ressemblent pour votre serviteur. Beaucoup trop d'occupations dans la vie réelle et une onirie qui avance à tous petitspas. Malgré tout, voilà le début du nouveau chapitre intitulé "Les Mémoires Vives". Nous y accompagnons Elie qui tente de persuader l'Empire Toroch de la laisser consulter les archives divines. Le risqueest grand car le nouvel Empereur interdit sous peine de mort aux étrangers de fouler son sol. La Petite Mère trouvera-t-elle enfin des réponses aux inquiétudes qui la taraudent.
J'espère pouvoir régler mes soucis de disponibilités d'ici peu et retrouver un rythme plus régulier. Bonne lecture et merci pour vos encouragements.
A bientôt. Bon voyage en Yrathiel.

                                                                                                                                                                 J.P.


Historique :
 

Dans les années lointaines  75 / 80 - une autre époque - première ébauche du Livret un. Yrathiel n'est encore qu'un nom parmi d'autres que je promène dans mes cahiers.

29 novembre 2009, l'aventure commence. WIFEO m'offre l'occasion de sortir de ma torpeur en publiant l'Enfant d'Yrathiel chaque semaine. Le rythme sera parfois chaotique car je me dois d'abord à mes proches et ma vie professionnelle est très prenante et passionnante. Mais les phrases s'enchaînent et l'envie est là comme au premier jour.

24 février 2012, l'aventure s'achève finalement. L'Enfant d'Yrathiel est bouclé, du moins sous sa forme actuelle. Déjà le tome 2, le Maître-dragon d'Yrathiel, est en chantier dans un recoin de ma tête.

5 août 2012, l'aventure recommence. Sur le même principe, chaque dimanche, quelques pages supplémentaires. Les corrections du tome 1 continuent de leur côté.

Août 2013 : Nous attaquons le second livret, "La saison des malheurs". J'entreprends en parallèle la correction du livret 3 et prépare la modernisation du site.

Octobre 2014 : Nous voilà enfin aux portes du troisième livret, " Shahomir". J'ai pris beaucoup de retard mais le récit continue et la structure finale se précise.

Janvier 2016 : Dernier livret du second tome. " Les Terres des seigneurs de guerre." Nouveau look et nouvelles dispositions.




Second Tome     

 Le maître-dragon d'Yrathiel

 

Prologue 

La fin est proche.
La Cinquième Vague.
Alors les hordes des Autres franchiront le Mur et elles détruiront les dernières Baronnies humaines. Même les Protecteurs Gris d’Antan, divisés, affaiblis, ne pourront s’opposer à cette menace bien réelle.
 
En Yrathiel, Ghésus, l’enfant-dieu, a sombré peu à peu dans une folie morbide. Il est prêt à livrer la cité blanche au Peuple de la Mer pour réaliser son désir le plus cher, franchir l’Entre-Mondes, fuir lui-aussi … mais à quel prix !
 
Rien, semble-t-il, ne peut venir contrarier cette agonie programmée.
Rien ni personne si ce n’est l’Enfant d’Yrathiel.
Les Protecteurs Gris l’ont consacré Eliathan, le Porteur d’espoirs, avant de le renier.
A Galadorm, il a acquis le titre honorifique de Maître-dragon.
Ceux de Dhat-Avalone le surnomment le Fils des Vents.
 
Bientôt la Saison des Tempêtes s’achèvera…
Bientôt les affaires du monde reprendront … et les présages ne peuvent mentir.
La fin est proche.

                  
                                               
Livret quatre : En route vers l'Est.
 

Chapitre vingt-huit : Les Mémoires Vives. 

Depuis quatre nuits, un vaste océan de verdure ondoyait sous le poitrail du dragon. De lourdes nuées grises obstruaient l’horizon qui flamboyait étrangement en raison de la proximité du Mur. Depuis qu’ils avaient quitté les Marches septentrionales, ils n’avaient entrevu aucune présence humaine seulement plusieurs hardes sauvages et des troupeaux de lourds pachydermes. Dans les campements qu’ils survolaient, pas une lueur ne brillait, les enclos étaient désespérément vides. Cela ne les inquiétait pas même si la désertion des territoires ancestraux par les tribus Torochs soulevait nombre d’interrogations. Lors de la dernière halte dans une bourgade des collines du Venant, ils avaient récolté une multitude de rumeurs peu rassurantes concernant l’Empire. Le commerce autrefois florissant dans cette partie du monde était totalement interrompu. Aucune caravane n’était autorisée à poursuivre au-delà des Marches dans l’immensité de la plaine ; une mort certaine attendait ceux qui outrepassaient l’ordonnance impériale. De plus, les Seigneurs de la guerre n’étaient pas réputés pour leur clémence mais pour leur cruauté. Ils apprirent également que les tribus avaient entrepris depuis peu une longue migration vers Gald la Céleste en dépits de conditions climatiques défavorables. Les plus pessimistes prétendaient que le nouvel Empereur réunissait une armée prête à fondre sur les Baronnies. Hélas les observations qu’ils avaient pu faire jusque là confirmaient la majeure partie de ces allégations. Par prudence, ils ne voyageaient qu’au couvert de l’obscurité bien que cela ne ralentisse considérablement leur progression. Dès que l’aurore pointait ses pâles rets dépourvus de chaleur, le Tisseur s’employait à leur fournir un refuge qui les dissimulait à d’éventuels maraudeurs. Au sein de la bulle onirique, ils prenaient  leur mal en patience et employaient les longues heures diurnes à parfaire leur plan.

La shaïa Naharashi Elivashavitara semblait intarissable sur l’Empire. Elle se montrait peu compatissante envers ce qu’elle appelait la chimère d’un vieil illuminé. Ainsi le Fils des Vents apprit qu’au cours de l’Age des Hommes, son territoire couvrait un continent situé aux antipodes de l’endroit où il survivait aujourd’hui ; un empire puissant qui possédait une multitude d’îles et d’archipels, dont les comptoirs se comptaient par centaines à travers le monde. Sans-Nom avait quelque mal à imaginer une telle vastitude mais il acquiesçait, désireux d’en connaître davantage. L’Empereur d’alors prétendait descendre en droite lignée des Dieux eux-mêmes, ce qui, de l’avis de la Matriarche, n’était qu’une excentricité de plus à mettre au crédit d’une lignée encline à une paranoïa excessive et à des délires mégalomaniaques. Il régnait alors sur une cité se prétendant l’égale de Thiel, aujourd’hui disparue, dont le nom fut oublié sous les poussières du temps. Gald n’était alors qu’un centre d’étude mineur dans une province reculée qui n’appartenait pas à l’Empire. Les Protecteurs Gris en étaient les zélés gardiens, un lieu de Mystères et de Foi où les Dieux déposèrent les archives vivantes, les Mémoires Vives des Temps Heureux, juste avant de quitter cette facette des réalités. Seulement les Vagues successives eurent raison de la puissante armée des Empereurs Torochs, contraignant ces derniers à fuir vers d’autres cieux moins cléments. Finalement ils s’installèrent dans la forteresse abandonnée des autres races superstitieuses. Au début, les Torochs s’illustrèrent vaillamment parmi les Armées des Peuples Libres mais, au fil des cencycles, leur puissance déclina. Les Seigneurs de la Guerre se résignèrent à endosser le statut méprisable de mercenaires auprès des Baronnies et des marchands, allant même jusqu’à vendre leurs services aux séides du Mur et ainsi renier leurs premières alliances. Sans-Nom ne cessait de poser des questions auxquelles Elie se faisait un plaisir de répondre, sur un ton professoral et acerbe qui l’amusait. Aux dernières nouvelles, l’Empereur  fantoche  Shimèses XIX était mourant ou mort ; nul ne pouvait l’affirmer et personne ne lui connaissait de descendant. Protégée par les tribus guerrières, autrefois hospitalière, la cour de l’Empereur était depuis la nuit de l’Appel interdite aux étrangers, les Zegthars y veillaient avec un zèle redoutable.

 

 De son côté, Shahomihr dormait du sommeil du juste la plupart du temps et se montrait d’une humeur maussade à son réveil. Sans-Nom n’avait pas réussi à obtenir d’explications sur son retard de trois jours. A son retour, le dragon les avait tout bonnement enjoints de quitter Galadorm sur le champ, balayant les objections d’un « plus tard » tranchant.

La pensée s’infiltra en lui et il se garda bien d’en laisser paraître la plus infime émotion.

« Nous atteindrons les Eperons une heure avant l’aube. Fais tes adieux à ta chère chaperonne, mon compagnon. Nous risquons d’être un très long moment sans voir un visage amical. 

- Comment te portes-tu, mon ami ? demanda le garçon en laissant percer son inquiétude.

Un léger rire moqueur  puis la voix caverneuse le railla avec malice.

- L’Illustrissime Dragon de Braise est honoré que le Neta Peogha Jhetis se fasse du souci pour sa santé. Ma Magnificence préfèrerait mener à bien cette première étape de notre périple avant de partager ses états d’âme avec le Chevaucheur …

- Ben voyons, morigéna une seconde voix fluette, débarrassons-nous d’abord de la fâcheuse Matriarche qui a souvent tendance à fourrer son nez où elle ne devrait pas. Par les Dieux Inconstants, voilà bien une attitude affligeante, brave destrier. »

Sans-Nom sursauta et ne put se retenir de sourire devant cette intrusion flagrante de la part de la petite Mère des Clans.

- Elie, protesta-t-il à voix haute. Vous n’étiez point invitée…

La Shaïa eut un petit geste de rebuffade. Son regard exprimait une exaspération contenue.

- Mon garçon, nous nous apprêtons à affronter mille dangers. La moindre information peut représenter un atout précieux. Si ce gros balourd a des révélations à te faire qu’il s’exécute sans attendre.

« Le Brillantissime n’a rien à ajouter, Mère des Clans. »

Le garçon haussa des épaules, exagérant la grimace qui déformait son visage juvénile.

- Oh, les dragons ont toujours eu la réputation d’être exaspérant au possible. Notre ami ne semble pas faire exception. N’en parlons plus.

Elle se glissa près de lui, passa la main dans la chevelure rebelle. Le ton se teinta de tendresse.

- Tu ne veux pas renoncer à ton projet, n’est-ce pas ? Il est encore temps. Accompagne-moi auprès du nouvel Empereur puis nous irons ensemble débusquer ce misérable Négus.

Elle cherchait à accrocher son regard mais il se raidit et ses traits se durcirent.

- Nous en avons déjà parlé à maintes reprises. Chacun de nous doit suivre sa route pour le bien de tous. Inutile de m’en détourner, Petite Mère.

Elle lui sourit et hocha la tête pour dissimuler sa déception. Avaient-ils raison d’agir de la sorte ? Une fois encore, elle hésita à poursuivre sa propre quête, fut-elle primordiale. « Elivashavitara, tu ne dois pas tergiverser de la sorte, se gourmanda-t-elle dans le secret de son âme. Courage, ma fille, le petit s’en sortira même sans ton appui. Les Dieux Incertains veillent sur lui. »  La voix du dragon vint mettre un terme à son indécision.

- Nous approchons ! 

L’Eliathan sentit son pouls s’accélérer. Ses yeux s’agrandirent de surprise au vue de l’immense chaos qui déchirait l’horizon éclairé par le Mur flamboyant. L’océan végétal battait les flancs d’un aggloméras de rocs plongés dans l’ombre de la nuit. La Forteresse dessinait un vaste amphithéâtre composé  d’une dentelle de tours, de festons et d’aiguilles aux dimensions phénoménales. Des feux tels des gemmes brillaient sur leurs flancs et à leurs sommets dont certains côtoyaient les nuées hostiles de la Saison des Tempêtes. Plus ils approchaient et plus des hurlements plaintives s’élevaient à leur rencontre.

- Les hommes n’ont pu construire un tel délire, murmura le Porteur.

- Les Dieux l’ont fait. Mon garçon, tu contemples là une des merveilles des Ages Anciens. Gald la Mystique. Gald la Céleste. Les superlatifs ne manquent pas. On dirait que les hommes des Marches ne se trompaient pas sur un point. L’Empire lève une armée pour protéger ses trésors.

Ils survolaient depuis quelques minutes un camp immense de maisons rondes et de tentes chamarrées, d’enclos et de corrals, de feux par centaines qui s’étendaient à perte de vue autour des gigantesques structures minérales. Le dragon amorça un vaste arc de cercle et se dirigea vers deux majestueuses aiguilles reliées entre elles par une arche variant du rouge au blanc. La plainte des vents s’amplifia à devenir insupportable. Un instant, Sans-Nom craignit que le Seigneur des Airs ne se fracasse contre l’ouvrage dantesque tant les courants violents le malmenaient aux abords de la muraille. Mais Shahomihr se moquait bien de la fureur des éléments. Il étendit ses vastes ailes membraneuses et descendit vers l’un des balcons qui criblaient la partie supérieure de l’aiguille. Du sol sur une demi-lieue, les parois semblaient aussi lisses que le verre. Aucune ouverture n’était visible.

- Surtout pas d’imprudence, lui lança Elie alors que l’enveloppe de l’habitacle se déchirait suffisamment pour qu’elle puisse bondir au-dehors. Le vent s’engouffra dans la houppelande et tenta de la projeter dans le vide. La Shaïa s’engouffra en deux foulées dans la voute enténébrée. Le dragon vira puis fila vers les cieux rougeoyants, poursuivi par un tonnerre de trompes suraigües.

Sans-Nom demeurait figé sur place, incapable de penser. Il fixait l’ouverture par où la Mère des Clans avait disparu qui se résorba en scintillant. Soudain il se sentit seul, abandonné.

- Que les Dieux te soient cléments, Naharashi Elivashavitara ! murmura-t-il enfin, les yeux humides.

A présent, rien ni personne ne pouvait l’empêcher de se rendre au sein du Blanc Pays.

 

Emportée par son élan, Elie trébucha plusieurs fois dans le boyau de ténèbres avant que de retrouver son équilibre. Elle ferma les yeux et maîtrisa son souffle. Autour d’elle, elle ressentit immédiatement la puissance des divins architectes qui sommeillait dans la roche. Elle remit ses vêtements en place, ajusta la mantille, emprisonna deux mèches rebelles et dressa l’oreille. Elle n’eut guère à attendre. Bientôt une cavalcade accompagnée du cliquetis de l’acier sur la pierre la rassura. Sa venue n’était pas passée inaperçue. La lueur des globes à feu grandit puis éclaira le long couloir qui s’enfonçait au cœur du piton. Elle s’avança au-devant des Torochs qui l’entourèrent sans un mot. Ils n’avaient pas tiré l’épée lacée dans le dos ni les poignards effilées qu’ils portaient aux cuisses et ne se montrèrent pas menaçants envers la visiteuse qui les suivit de bonne grâce. Alors, sans échanger un mot, ils enchaînèrent une série de corridors lugubres jusqu’à atteindre une rotonde qui débouchait sur un vaste hall brillamment éclairé et bourdonnant de vie. 
     

A bientôt.

 

                                                                                                  
 
  

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