Récits d'ailleurs 
                         
Mon p'tit coin de Fantasy

    


 
Le cycle d'Yrathiel

Ma Fantasy

 

                                                  Yragaël                             

Récits d’Ailleurs vous propose de découvrir « L’enfant d’Yrathiel » et " Le maître-dragon d'Yrathiel", deux romans de Fantasy appartenant au cycle d'Yrathiel, sous la forme d’un feuilleton périodique ; rendez-vous pour suivre les aventures de Sans-Nom, l’Eliathan des Protecteurs de Thiel, et de Lorelanne, Fille des Vents.

Soyez les premiers lecteurs de cette  entreprise et embarquez pour un très long voyage. Par le biais de  l'adresse mail, n'hésitez pas à me faire part de vos commentaires, vos remarques, vos questions,  vos conseils et vos suggestions . Ainsi, ensemble, nous transformerons peut-être ce qui n'est pour le moment qu'un obscur hobby en quelque chose de plus achevé… comme une aventure d’Ailleurs, un défi à l’improbable.

Alors, je vous convie à partager ce voyage et à porter toujours plus loin les couleurs d'Yrathiel.                                                                                           
                                                                                            JP.

                                 

      Merci à vous et bonne lecture.    

 


NEWS

jeudi 16 février 2017 :

Ouf ! J'ai enfin compris - du moins je l'espère - la nouvelle procédure pour publier. C'est loin d'être simple... enfin pour moi néophyte dans le domaine de l'Internet. Bon, je vais pouvoir poursuivre mon voyage. Finalement Sans Nom découvre que l'étape à Galadorm n'est pas aussi inutile qu'il le pensait. Il va même y trouver un nouveau Compagnon. J'ai décidé d'attendre encore un peu avant de rejoindre l'Empereur à Gald puis de retrouver Tibelvan pour en connaître un peu plus sur son sort.
?J'espère simplement que vous accepterez ce petit détour.  J'aimerais beaucoup pouvoir en discuter de vive voix mais dans mon entourage, je n'ai guère loisir d'évoquer Yrathiel. Dommage. Vous pouvez m'écrire, j'y répondrai sans problème. Du moins j'espère que le relais fonctionne bien.
A bientôt et que les vents vous soient favorables.

                                                                                                                                                                 J.P.


Historique :
 

Dans les années lointaines  75 / 80 - une autre époque - première ébauche du Livret un. Yrathiel n'est encore qu'un nom parmi d'autres que je promène dans mes cahiers.

29 novembre 2009, l'aventure commence. WIFEO m'offre l'occasion de sortir de ma torpeur en publiant l'Enfant d'Yrathiel chaque semaine. Le rythme sera parfois chaotique car je me dois d'abord à mes proches et ma vie professionnelle est très prenante et passionnante. Mais les phrases s'enchaînent et l'envie est là comme au premier jour.

24 février 2012, l'aventure s'achève finalement. L'Enfant d'Yrathiel est bouclé, du moins sous sa forme actuelle. Déjà le tome 2, le Maître-dragon d'Yrathiel, est en chantier dans un recoin de ma tête.

5 août 2012, l'aventure recommence. Sur le même principe, chaque dimanche, quelques pages supplémentaires. Les corrections du tome 1 continuent de leur côté.

Août 2013 : Nous attaquons le second livret, "La saison des malheurs". J'entreprends en parallèle la correction du livret 3 et prépare la modernisation du site.

Octobre 2014 : Nous voilà enfin aux portes du troisième livret, " Shahomir". J'ai pris beaucoup de retard mais le récit continue et la structure finale se précise.

Janvier 2016 : Dernier livret du second tome. " Les Terres des seigneurs de guerre." Nouveau look et nouvelles dispositions.




Second Tome     

 Le maître-dragon d'Yrathiel

 

Prologue 

La fin est proche.
La Cinquième Vague.
Alors les hordes des Autres franchiront le Mur et elles détruiront les dernières Baronnies humaines. Même les Protecteurs Gris d’Antan, divisés, affaiblis, ne pourront s’opposer à cette menace bien réelle.
 
En Yrathiel, Ghésus, l’enfant-dieu, a sombré peu à peu dans une folie morbide. Il est prêt à livrer la cité blanche au Peuple de la Mer pour réaliser son désir le plus cher, franchir l’Entre-Mondes, fuir lui-aussi … mais à quel prix !
 
Rien, semble-t-il, ne peut venir contrarier cette agonie programmée.
Rien ni personne si ce n’est l’Enfant d’Yrathiel.
Les Protecteurs Gris l’ont consacré Eliathan, le Porteur d’espoirs, avant de le renier.
A Galadorm, il a acquis le titre honorifique de Maître-dragon.
Ceux de Dhat-Avalone le surnomment le Fils des Vents.
 
Bientôt la Saison des Tempêtes s’achèvera…
Bientôt les affaires du monde reprendront … et les présages ne peuvent mentir.
La fin est proche.

                  
                                               
Livret quatre : En route vers l'Est.
 

Chapitre vingt-sept : Le temps des retrouvailles.  
 

Au bout de deux longues journées insipides, Sans-Nom en arrivait à prier les Dieux d’un retour anticipé du Seigneur des Airs. Le tourbillon dans lequel il se trouvait entraîné le mettait  mal à l’aise. Contrairement à Rhoda et à Massilia, la Petite Mère des Clans s’effaçait cette fois avec un malin plaisir derrière le Maître-dragon qui ne demandait pas tant d’honneurs. Il était la cible des solliciteurs et des courtisans ; la moindre parole faisait l’objet de commentaires qui commençaient à l’irriter au plus haut point. C’était comme si tout ce beau monde – ses amis entre autre – s’était donné le mot pour lui octroyer la plus haute autorité en ce palais où il n’était qu’un invité de passage à ses yeux.

Après de minutieuses recherches, les inquiétudes du Nesn-Lces Allélian Moldis se révélèrent vite injustifiées. Les Autres brillaient par leur absence. Seulement il régnait au palais des miroirs une atmosphère des plus étranges qui affectait jusqu’au plus humble des serviteurs. Une suspicion diffuse comme si les évènements tragiques qui l’avaient poussé à quitter Galadorm en pleine nuit persistaient à effrayer les résidents maintenus reclus dans l’immense construction seigneuriale par les rigueurs de la Saison des Tempêtes. Il ne pouvait se déplacer au fil des salles sans faire l’objet de sollicitations plus ou moins déguisées. Loin de l’épargner, Elie provoqua à plusieurs reprises d’exténuantes entrevues avec les différentes factions en présence. D’autre part la jeune Baronne maintenait une distance entre eux qu’il comprenait et supportait assez mal. Elle qu’il avait connue espiègle quelques saisons plutôt affichait désormais une mélancolie et une indolence inexplicables. Il n’avait pas revu l’Homme Gris depuis leur entretien sur les remparts de la ville, sinon de loin, et déprimait à satisfaire les requêtes d’honorables inconnus.

- Ce n’est pourtant pas difficile, répliqua avec une froideur irritée la Shaïa alors qu’il se plaignait une nouvelle fois, tu prêtes une oreille compatissante à leurs doléances et tu les assures de ton entière bienveillance. D’ici quelques heures, nous serons loin et ils devront se trouver un nouveau souffre-douleur pour leurs mesquines petites  combines. Tu peux bien faire cela pour Lilia. Je crains fort que la pauvre chérie n’ait pas l’envergure nécessaire pour affronter la noblesse des Baronnies. Après tout, tu as sauvé la cité des griffes des Ecarlates, magnifique Maître-dragon ! Alors, il faut assumer ce statut, mon garçon, sans te plaindre au moindre désagrément.

Sans-Nom s’était tenu coi. Une fois de plus, Elie réussissait à avoir le dernier mot. Et puis les choses empirèrent avec l’arrivée du seigneur d’Anfert et sa suite dans la soirée du second jour.


Le Baron Timervert s’entourait d’une garde composée d’une dizaine de guerriers armés pour la guerre, le visage dérobé par des casques en métal peint de bandes rouges et vertes. Ils se déplaçaient en silence, ombres protectrices autour de leur seigneur. Sans Nom s’aperçut très vite que personne ne s’offusquait de leurs présences dans la Haute Salle. Le sort funeste d’Osvald d’Aliosh en expliquait sans peine la raison.

Sans Nom  termina son exposé en toussotant. Les galeries plongées dans la pénombre bruissaient de murmures. Il croisa les bras, adressa un bref regard vers la shaïa qui lui valut en retour un hochement de tête approbateur. Sur l’estrade, la dernière représentante des Goshaques trônait apparemment absente du débat, telle une ombre pâle. L’Eliathan reporta son attention sur l’un des trois sièges sans dossiers attribués aux Conseillers. Le baron n’avait guère changé. Vêtu de somptueux atours satinés de nuit, son regard inquisiteur braqué sur le Chevaucheur ne laissait transparaître aucune émotion. Pourtant le beau sire était connu pour son caractère belliqueux et ses colères subites. Sans Nom sentit son gosier s’assécher ; une boule se former au creux de l’estomac et il réprima une envie de tourner casaque et de les laisser débattre sans lui. Sur sa droite, le Magister  Gloacq I’Milmac se dandinait devant son pupitre. Une goutte d’encre bleue se formait à l’extrémité biseautée de la plume d’aigle et menaçait de venir bientôt s’écraser sur le vélin immaculé où il reportait les propos exprimés par les différents acteurs de l’audience publique. De son avis et en tenant compte de l’heure tardive, il aurait mieux valu repousser au lendemain cette dernière. Seulement le seigneur d’Anfert avait insisté sur l’urgence et nul en ce palais n’osait s’opposer au redouté tuteur.

 - Voilà de bien sombres nouvelles, Maître-dragon.

Sa voix grave résonna jusqu’aux arches les plus lointaines faisant taire les chuchotements.

- En effet, seigneur. Nous vivons un temps de tragédies. Bientôt le Mur s’ouvrira et, alors, nous connaîtrons les calamités d’une Cinquième Vague. Les Autres…

- Vous semblez en savoir bien long sur le sujet, mon garçon. Le Porteur d’Espoirs serait-il en réalité oiseau de mauvais augures.

Stupéfait, Sans Nom se tut. Une appréhension se saisit de lui. Jusque là, personne n’avait mis en doute ses révélations. Chaque interlocuteur acceptait comme argent comptant les prédictions qu’il professait à qui voulait l’écouter et ils étaient nombreux.

Le regard d’airain s’assombrit. Timervert se pencha en avant, dans une posture prédatrice. La présence du mythique Maître-dragon ne semblait pas l’impressionner, plutôt décupler son irascibilité proverbiale. Sans Nom se risqua à dévoiler la Flamme de Vie de l’homme qu’il  lui faisait face aussi effrontément. Une ombre de jais enveloppait la solide charpente, reflet de deuil, de tristesse et de désespoir, de vide et de mort.

- Pourquoi comptez-vous gagner les Baronnies du Nord ? Votre présence parmi nous serait plus profitable à l’ensemble de la communauté. De toute manière, les Terres Mortes sont perdues. La Mhapoaha Paha s’y affiche ouvertement ; les ombres y déversent leurs maléfices. Pourquoi leur rendre la partie plus aisée en vous livrant à eux.

Il parlait lentement, avec un calme feint, les yeux rivés sur le Porteur d’Espoir qui n’en menait pas large. Des exclamations de stupeur fusèrent ici et là, vite réprimées. Assise toute droite sur la haute chaire, la Dame Lilia n’esquissa aucune protestation.

- Allons, répondez-moi sans rien dissimuler de vos intentions si vous désirez que le Conseil approuve vos projets. Pourquoi se rendre au Nord ?

« Tu peux lui révéler dans les grandes lignes notre dessein, mon garçon. Sinon cet ours mal léché risque de nous poser des problèmes jusqu’à notre départ. »

Sans Nom serra les poings. Autour de sa silhouette d’adolescent, des escarbilles enflammèrent l’espace soulevant des hoquets de surprise. Le Baron plissa des yeux. Son aura s’assombrit davantage. D’un geste, il stoppa la garde qui faisait mine de s’avancer.

- Je dois me rendre au Blanc Pays.

- Ah, nous y voilà. – l’homme gratta une barbe foisonnante, se donnant l’air de réfléchir. L’enveloppe de Vie vira brutalement du jais au pourpre de la colère - Nul n’y est jamais parvenu. C’est folie que d’agir de la sorte. Comment ferez-vous pour ne point être consumé en traversant les rideaux de lumière ?

«  Là tu te trompes, cher baron. Le Pourfendeur y a entrainé toute une armée jadis… »

Les feux de l’Onirie le transfigurait et chassait les ombres de l’immense salle. Des fragrances subtiles se mêlèrent aux nimbes. Une ombre grandit derrière lui, l’ombre d’un dragon, démesurée et redoutable. Aux yeux des incrédules, elle le protégeait des mauvais esprits chagrins.

- Shahomihr m’y portera. Les dragons sont immunisés contre la sombre magie des Autres ; ils appartiennent à l’Aurore de ce Monde.

- Bien sûr, le dragon. Voilà qui explique en partie l’ambition de cette aventure. Et pourquoi devez-vous traverser le Mur, Maître-dragon ? Serait-ce, si je ne me trompe, afin de porter secours à l’élue de votre cœur ? Oui, c’est ainsi que vont les choses. Alors que l’illustre Chevaucheur devrait protéger Galadorm et les cités des hommes, ce dernier court se jeter entre les bras de nos ennemis pour les beaux yeux d’une fille des brumes.

 Le ton rageur persiflait cinglant. Une flambée meurtrière obscurcit la raison du Porteur. Avant même qu’il ne réagisse en se jetant sur l’odieux personnage qui affichait le masque hautain de la désapprobation, la petite mère des Clans s’avança entre eux. Elle aussi bouillonnait et son visage poupin virait au rouge cramoisi.

- C’en est plus qu’assez, Timervert d’Anfert. A quel jeu jouez-vous donc ? Je refuse d’en entendre davantage. Nous sommes venus vous mettre en garde des dangers qui menaçaient les Baronnies du Centre. Libre à vous de ne pas prendre en compte nos avertissements. Libre à vous de rester cloîtrer derrière vos murs en espérant que la tempête vous épargnera. Le monde ne s’arrête pas aux frontières des Baronnies du Centre. Les hommes ne sont pas armés pour combattre la Lumière qui s’éveille là-bas.

Le noble se secoua comme pour échapper à l’emprise de la passion. Il se leva avec grâce et étendit les bras pour prendre à témoin l’assemblée. Puis il fit quelques pas vers la petite mère qu’il domina de toute sa hauteur. Sur les bas-côtés, la garde s’avança d’un pas, le gant sur le pommeau de leur épée. Mais soudain, au grand étonnement des personnes présentes, Timervert d’Anfert s’inclina avec respect en posant un genou au sol, les bras toujours étendus derrière lui. Le visage d’Elie se durcit.

………………………………………….

 

A bientôt.

 

                                                                                                  
 
  

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Le monde d'Yrathiel.